La Nouvelle Galerie (association / Bergerac) propose à l’artiste plasticien INNA MAAÍMURA une résidence de recherche et création suivie de l’exposition de son installation in situ intitulée MUsh -Я ↑↑.
Hybride, spacieuse, lumineuse, sonore, composite et évolutive pour partie, elle est à voir dans l’ancien chai de Bella Riva (Mairie de Creysse) le long de la Dordogne.

« Farai un vers de dreit nien » Guillaume IX d’Aquitaine

« Contemporain celui qui est capable non seulement de fixer le regard sur lʼobscurité de lʼépoque, mais aussi de percevoir dans cette obscurité une lumière qui, dirigée vers nous, sʼéloigne infiniment. » Giorgio Agamben

Exposition / installation du 16 mai au 27 juin 2026.
Vernissage le 16 mai 2026.

Programme :
1er mai > 15 mai résidence de recherche/création
16 mai > 27 juin exposition publique / installation in situ
16 mai 19 h. vernissage
18 mai - 14h.30 atelier d’écriture Philippe Delmas (groupe constitué)
24 mai - 17 h. concert poésie Michel Doneda & Inna Maaímura
19 juin - 20 h. performance danse et poésie avec Sze Wan-Ng & Inna Maaímura
19 juin - 22 h. expérience nuit Béla Tarr: projection du film Sátántangó / durée : 7h30
27 juin 17 h. dévernissage lectures de l’atelier d’écriture Ph. Delmas

Visites et médiations prévues / groupes constitués et groupes ouverts exposition gratuite et entrée libre - tous les événements sont gratuits.

Note d’intention artistique :

ESPACE 1
Créer une installation in situ hybride et composite dans la longue salle (47 m) - à savoir en tenant compte de la spécificité des lieux - développer une installation monumentale qui soit en tant que telle une création originale et unique en incluant des travaux multiples autonomes comme des peintures, des volumes, une recherche spatiale, plastique (et sonore), lumineuse et brute.

ESPACE 2
Sol - Sols - / sous réserve / : proposition d’une seconde installation évolutive (25 m) - « work in progress » - en travaillant exclusivement au sol ou sur petite surface surélevée ( 16 m2) par dépositions, changements, retraits, essais, jeux de matières, de petits volumes ou objets. Espace réinvesti pendant toute la durée de l’exposition.

Poème :
Le projet MUsh -Я ↑↑ sera également l’occasion de l’écriture d’un poème qui sera dit deux fois en performance avec la danseuse improvisatrice Sze WAN-NG et en musique avec le musicien Michel DONEDA.

En quelque sorte, l’espace investi devient le site et le prétexte d’un grand espace de jeu de construction, une sorte de ‘sculpture’ de lumières, d’espaces, de volumes, de masses, d’opacités, de pénombres, de dépôts ou de suspensions. Ma réflexion sur l’obscur se poursuit ici mais incline ou penche vers autre chose. La présence ou matière sonore induit un rapport de durée, un climat, une échelle temporelle. Le caractère intérieur et souterrain de cet espace est déterminant ou souligné, orienté comme ‘chambre’ obscure, hypogée, ou ‘crypte’ ; nous voulons en faire un espace d’intériorité, de recueillement et de méditation du contemporain. La résidence de recherche et création déborde sur le temps d’exposition publique avec la remise en jeu continue de l’espace : modifications éventuelles, performances et rencontres.
Intervention sur les ouvertures (fenêtres) voire baies vitrées d’entrées aux espaces.

L’espace investi intérieur - à la fois sombre et lumineux - artificiel, clos et reclus comme fors intérieur, crypte presque inconsciente interroge les soubassements (bases, fondements, fondations) - du moi, de la culture, de l’art, de la conscience et leur perte - leur mise en abyme, et par-là, la perte, l’absence, l’image, le miroitement, le fantôme ou le spectral, la mort ou le fait funéraire. Espace réflexif (de réflexion et de réflection) et méditatif, silencieux et bruyant, il est espace du souterrain - underground, untergrund … sub-stance, hypokeimenon …- chambre à soi secrète, abritement, ouvert à une béance, un abîme, un vide ou à un sol dérobé (ab-grund).
L’installation, en ce sens, vient aux marges et pleinement questionner l’art comme tel : quelle est la nature de son site ? Ou quel est le lieu(-dit) propre à l’art ? Suite aux destructions successives des fondements et des certitudes, aux décentrements du sujet, de l’humain ou du monde, l’œuvre (d’art) , le poétique ne peut plus s’entendre de la même façon et doit prendre acte et mesure de ces pertes - aujourd’hui plus que tangibles pour qui ne fait pas œuvre d’aveuglement ; en d’autres termes l’actif artistique revient comme puissance pure de désœuvrement, meuble, mouvante, incessante.
Son process de déplacement engage une disposition où « l’œuvre » comme telle n’existe plus mais se comprend comme un ensemble vivant désordonné de ruptures, de mise en rapports, de mise en jeux, fluides ou volatiles, en particulier à un lieu ou un espace donné (installation). Une puissance de débordements (des marges, des bords ou des cadres bref de la dé-finition - de l’art par exemple) ou de transpective.
Épreuve (éprouver) temporelle ou de durée, le sonore n’apporte pas seulement une dimension d’étirement à qui se prête au jeu de l’écoute et de l’observation, il peut aussi susciter un jeu fictionnel ou narratif que l’observateur auditeur construit seul. Rapport entre le sonore, la spatialisation et la pénombre.

La joie, la fête créatrice - l’art ? - se joue sur un abîme (un volcan ? ) avec des restes, des bribes, des lambeaux ou des fragments, se joue de la perte : de la raison, des lumières etc. ; c’est la mort joyeuse à la fois béance et fondatrice.

La NOUVELLE GALERIE association de promotion de l’art visuel
La Nouvelle Galerie, engagée depuis plus de 20 ans dans la promotion de l’art visuel, agit bénévolement pour une culture accessible à toutes et tous, favorisant un droit de monstration aux artistes qui ne vivent pas que d’amour et d’eau fraîche !
La Nouvelle Galerie multiplie les actions de médiation artistique ( ateliers, rencontres, expositions) pour tous les publics, en privilégiant la diversité et l’inclusion. Elle crée des ponts entre l’art et les publics « empêchés » combattant l’ignorance, développant le partage du plaisir à voir et à échanger.
Face aux désengagement des collectivités locales, elle a su développer un modèle économique original : près de 50 % de son budget provient de sponsors privés, entreprises et mécènes sensibles à l’impact social et culturel ce qui, outre le travail bénévole fourni par une équipe volontaire, lui permet une programmation ambitieuse et gratuite en restant ancrée sur le territoire, en Bergeracois. Par une approche collaborative et innovante, le public reconnaît son engagement citoyen. Au fil des années, devenue acteur-clef, sa capacité à fédérer pour accompagner l’art visuel n’est plus à prouver.

Inna MAAÍMURA plasticien, peintre, poète.
Peinture, dessin, écrits et poèmes, performance, vidéo, photographie, objets-volume (sculpture) ou spatiaux (environnements/installations) ; et collaboration avec des musiciens, des chanteurs, des poètes ou des plasticiens. Installé en Dordogne depuis 2000.
Cours de M. Derenne dans l’atelier de dessin et peinture du Musée des Beaux-Arts de Chartres. Après des études de philosophie (Paris et Tours), il peint et intègre un collectif de danse-performance (Tyalice) puis le groupe Suarri qui deviendra La Pierre qui Brûle avec lequel s’enchaînent créations collectives, spectacles, marches créatives, à la rencontre des arts visuels et vivants, de la préhistoire et de la poésie. (La Paroi ; Lascaux-Foz-Côa, Octobre blanc en Périgord Noir…) En 2006, il participe à la création de l’association Mydriase, (création et diffusion d’art contemporain). Participe à divers collectifs : SPMBB, QWA, loligo … Il organise des rencontres de poètes, autour de lectures et performances, les Poétiques Hivernales (PH ; 2011-2017) ; il accueille des manifestations, ou festivals (Nocturnes ; Écouter pour l’Instant) ; il conçoit des expositions (scénographie / commissariat) dont en 2021/22 : François Augiéras, Les Rives primitives, au Musée national de Préhistoire des Eyzies.
Depuis plusieurs années, son travail porte sur la notion d’obscurité (skotos), essentiellement sous forme d’installations. En 2021 à l’Espace culturel François Mitterrand de Périgueux : Ānti - (n) Ānti, où sont à l’œuvre des espaces, des logiques, des pénombres. Avec Doma Soma Sema (2021), une série d’installations in situ. Entre 2015 et 2019, le cycle « SCOTT » en duo avec Sofi Hémon (QWA) associe l’obscur à la préhistoire et l’archéologie : à Brno en Tchéquie (au Pavillon Anthropos, Musée de Préhistoire) avec Nord Magnétique, Est (2018/2019) ; au Musée intercommunal d’Étampes, les installations Stantia (2018) ; au Générateur de Gentilly (94) une installation performative, Arca - sono & slomo spatia (2016) ; en Dordogne, les installations-vidéo, Vas (2015).
On peut également citer l’installation Skotos en 2014 à Excideuil ; le Monobloc en 2010, dans la chapelle de Pelvezie à St Geniès ; Raimbaut d’Orange le neuvième, un trouver obscur, avec Syrinx (Maurice Moncozet, Rosa Salvatja, 2015 - 2018) associant poésie médiévale et contemporaine, création musicale et dispositif visuel.
Parmi les projets de peintures, les séries Goraintzi ou Goazen, et plus récentes : Phtora et « recouvrements de la parole ».
Actuellement engagé à un nouveau projet : Graphè ou des leçons de ténèbres avec son complice graveur et plasticien Emmanuel Gatti. Entre gravure, peinture, installation et poésie.
Puis il pratique une poésie de voix vive avec des musiciens improvisateurs (Doneda, Fabbiani) ou vocaliste (Delizée) formant ensemble ÖNÖÖ quatuorrrr. (2022)
https://www.instagram.com/inna_maaimura/

Michel DONEDA saxophone soprano et sopranino - le 24 mai
Michel Doneda (1954) est une des figures majeures de la scène improvisée, saxophoniste soprano, il se situe dans la lignée de Sydney Bechet, Steve Lacy ou Evan Parker. Voyageur attentif à l’écoute du monde, il ne cesse d’arpenter les continents (Afrique, USA, Japon …) depuis plus de quarante ans et de multiplier les collaborations avec de nombreux musiciens improvisateurs, mais aussi avec des peintres, poètes, danseurs ou cinéastes expérimentaux … Co-organisateur, principalement à Toulouse, de quelques éditions de “La marche de la poésie” avec le poète Serge PEY, ainsi que des “chantiers d’art provisoires”, et du festival « INFLUX ».
De nombreuses performances dans des jardins, forêts, mais aussi en milieu urbain. Souvent avec des danseurs. Aujourd’hui membre de “la grande volière” projet se jouant dans les arbres regroupant 6 saxophonistes soprano et l‘audio naturaliste Marc Namblard. Il est aussi membre de l’ensemble UN regroupant 25 artistes improvisateurs. Depuis 2018 il est actif à Berlin où il participe à plusieurs projets essentiellement musicaux.
« Inventeur de propositions musicales inouïes et de syntaxes libérées des conventions et codes d’usage habituels de son instrument, ce franc-tireur de l’improvisation donne ici un concert solo. Michel Doneda réinvestit le saxophone soprano en s’intéressant à l’infiniment petit, au cœur de la matière et de la texture sonore, et l’exploration passionnée d’une jungle grouillant de micro-sons, de murmures et de textures insaisissables, un univers onirique (superbement compact) aux vertus régénérantes. » Concert solo, 2012, Palais de Tokyo, Paris.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Doneda

Sze WAN-NG danse improvisée - le 19 juin
Sze WAN-NG est une artiste de danse contemporaine originaire de Hong Kong. Formation de danseuse, diplôme de la Hong Kong Academy for Performing Arts (APA). Étudie la danse aux Pays-Bas et d’obtiens un diplôme au European Dance Development Centre (EDDC). A vécu en Europe, en Afrique et en Asie, ce qui lui a donné l’occasion de collaborer avec des artistes renommés mais aussi avec des enfants défavorisés et des personnes aux capacités diverses. Les expériences vécues, la découverte de différentes cultures, l’ont amené aujourd’hui en Dordogne.
Ses recherches artistiques la conduisent à l’exploration et la création de danses dans des environnements et des contextes thématiques spécifiques. Elle utilise fréquemment des installations mobiles dans ses chorégraphies, dans le but d’explorer la relation complexe entre les cinq sens et la danse. En repoussant les limites et en les acceptant, de nouvelles possibilités créatrices entre déconstruction et reconstruction du corps et de l’esprit, se font jour. L’improvisation est une composante essentielle de sa pratique, de ses recherches ou de ses performances. Réalisation de courts films de danse, utilisant ce médium pour approfondir mes expérimentations et exprimer ma vision artistique.
https://vimeo.com/user62829433

Philippe DELMAS atelier d’écriture - le 18 mai et 27 juin
Philippe DELMAS, professeur d’arts plastiques en retraite, anime des ateliers d’écriture au tiers-lieu La Traverse à Bergerac.

Béla TARR Sátántangó (Le tango de Satan) - le 19 juin
Après la disparition récente du cinéaste hongrois, nous avons eu le désir de lui rendre hommage en présentant son film Sátántangó une nuit durant proposant ainsi aux audacieux, amateurs d’expériences esthétiques hors-normes de vivre un moment exceptionnel. Projection du film sur site, dans les lieux-mêmes de l’installation à partir de 22:00 - durée du film : 7h30 - et petit déjeuner au lever du soleil sur la Dordogne. Inna Maaímura avait déjà présenté Le cheval de Turin de Béla TARR en 2014 en lien avec son exposition/installation Skotos à Excideuil.
Wikipédia : « Béla Tarr est un réalisateur, scénariste et producteur de cinéma hongrois né le 21 juillet 1955 à Pécs (Hongrie) et mort le 6 janvier 2026 à Budapest (Hongrie).
Auteur original et exigeant, il donne à travers son cinéma une expérience singulière de la durée et une vision du monde inédite. Il est l’une des figures majeures du cinéma contemplatif.
Il est connu pour plusieurs films, notamment Le Tango de Satan, film de sept heures sur le déclin moral et l’effondrement du communisme en Europe de l’Est, adapté d’un roman du lauréat du prix Nobel de littérature Laszlo Krasznahorkai, avec qui il entretient une collaboration régulière.
Il reçoit l’Ours d’argent au Festival de Berlin 2011 pour Le Cheval de Turin. «

Remerciements
Accueil et soutien :
Commune de Creysse
Subventions :
Etat - CGET Politique de la Ville, Communauté d’Agglomération Bergeracoise, Conseil Départemental de la Dordogne, Agence Culturelle Dordogne Périgord.
Partenaires :
Lycée des Métiers Hélène Duc - Sud Périgord, Périgord Préfa
Sponsors et Mécènes :
Archistudio, Bernazeau Bâtiment, ETR, Les Maçons Couvreurs, Polo et Fils, Stimex